J'appartiens au pays que j'ai quitté

Colette

michelB-Saigon

Le souvenir est le seul paradis dont nous ne puissions être expulsé

Jean-Paul Richter

Documents pour servir à l'histoire de Saigon, de monsieur           Jean Bouchot

Extrait

Le nom de Saigon serait, dit-on, une corruption de Kai-gon. Cette expression sert à désigner l'arbre qui produit la ouate (gon). L'arbre gon, très commun en Basse-Cochinchine, est souvent employé pour faire des haies vives. Les cambodgiens plantaient quelquefois, le long des parapets de leurs fortifications, les gons serrés l'un à côté de l'autre, de façon à former par la suite des palissades vivantes. A l'époque de la conqête du pays par les Annamites il existait, quelque part dans la contrée, un fort présentant cette particularité : de là ce nom de Saigon. A l'arrivée des Français en 1859, la population indigène (Chinois et Annamites) désignait sous ce nom la ville chinoise et non l'emplacement occupé actuellement par la ville européenne.

L'histoire de la Basse-Cochinchine, avant la conquête, est assez peu connue. nos six provinces faisaient alors partie du royaume kmer[sic]. En 1658, une première guerre contre les Cambodgiens amena les Annamites à Baria (Moi-xau). Dix-sept ans après, en 1675,, la guerre civile ayant éclaté au Cambodge, le gouvernement annamite de la province de Khanh-hoa en profita pour intervenir et s'empara des forts de Saigon; il poussa même jusqu'à Nam-vang. mais il ne parait point que le pays fut, dès lors, occupé définnitivement par les Annamites. Les vainqueurs se contentèrent de resserrer les liens de vassalité qui reliaient le Cambodge à la cour de Hué et rentrèrent dans leurs frontières. Déjà cependant, de nombreux aventuriers annamites s'étaient fixés dans la province de Bien-Hoa, se mêlant aux aborigènes; la cour de Hué commençait à songer à l'occupation définitive du pays. Sous prétexte d'affirmer ses droits de suzeraineté et de garantir à ses nationaux émigrés du Cambodge la protection à laquelle ils avaient droit, le gouverneur de Khanh-hoa reçut des pouvoirs étendus et fut investit de la surveillance des frontières. le deuxième roi du Cambodge résida à Saigon, tandis que le premier transférait sa capitale à Oudon..

Quelques années plus tard, trois généraux chinois suivis de 3.000 soldats vinrent avec l'assentiment de Hué, commencer la conquête définitive de Bien-hoa et de Mytho; et, en 1715, un autre réfugié de la même nation; Mac-cu'u, homme de génie, d'abord fermier des jeux, puis concessionnaire d'une mine d'argent dans la province de Hatien, se mit à la tête d'une bande d'aventuriers chinois, malais et annamites, s'empara du pays de Hatien et en fit hommage à l'Empereur d'Annam...

 


BOUCHOT Jean

Site remarquable à consulter :

 SAÏGON VIETNAM INDOCHINE